L’approche

L’approche du projet ECDD se base sur la certitude que les efforts de conservation doivent prendre en compte les besoins de la population locale et y répondre pour être efficaces sur le long terme. Ceci se retrouve particulièrement dans les petites îles surpeuplées comme Anjouan.

Nous sommes conscients que les populations rurales utilisent l’ensemble du paysage naturel de diverses manières, et que les projets de conservation doivent donc aborder les problèmes existants au niveau des paysages avec une approche intégrée. Nous basons nos actions sur la découverte de solutions durables aux problèmes environnementaux, et sur la possibilité pour les communautés de prendre des décisions et d’agir en ce qui concerne leur paysage et leurs ressources naturelles.

Avant d’entreprendre toute action, le projet ECDD conduit une phase d’analyses participatives avec toutes les communautés avec lesquelles nous travaillons pour comprendre les problèmes auxquels les communautés font face et définir des solutions possibles. Comme la majorité des Comoriens des régions rurales dépendent de l’agriculture traditionnelle pour la production du plus gros de leurs denrées de base (les récoltes de bananes et manioc, par exemple), la préoccupation majeure concernait les baisses fulgurantes de fertilité du sol, constatées par les fermiers et entraînant une diminution des rendements.

Les villageois étaient également très inquiets à propos de la déforestation ; les anciens se souviennent que la forêt se trouvait seulement à quelques pas du village dans leur jeunesse ; elle est maintenant à plus d’une heure de marche dans les montagnes. Ils rapportent aussi des changements de climat pour la même période, mais c’est la perte de ressources en eau douce qui est la préoccupation majeure tandis que les gens ont vu les rivières permanentes se dessécher et ne plus couler dans toute l’île.

En prenant tout cela en compte, l’approche du projet concernant les paysages se compose de trois éléments principaux : une intensification agricole durable, des sources alternatives de revenus, et une gestion collective des ressources naturelles.

Le besoin de nouveaux champs est une pression importante sur la forêt alors que les terres agricoles existantes perdent de leur fertilité et que la population augmente. Le projet offre aux fermiers une formation et un soutien pour apprendre de nouvelles techniques de production durable basées sur l’agroforesterie et l’agroécologie qui visent à maintenir la fertilité et à prévenir l’érosion des sols. Le but étant que ces techniques permettent aux fermiers de produire plus sur le long terme, pour que le besoin en nouvelles terres soit ainsi réduit. Voir la section agroécologie pour plus de détails.

Le projet ECDD encourage la culture maraîchère comme activité génératrice de revenus et pouvant réduire la pression sur la forêt. Diverses sources de revenus aident également les familles à être plus résistantes aux chocs, ainsi le projet cherche aussi à mettre en place d’autres activités génératrices de revenus. Voir la section production maraichère pour plus de détails.

Adopter un comportement plus durable au niveau individuel est une part importante de l’approche, mais ce n’est pas tout. La protection des ressources en forêts communautaires nécessite une approche collective de tous les utilisateurs des ressources. Dans ce but, le projet ECDD s’efforce de faciliter le développement des structures locales pour permettre à la communauté de prendre des décisions et d’agir pour protéger les ressources naturelles. Voir la section gestion des ressources naturelles pour plus de détails.

Le projet ECDD dirige également un programme de recherche et de suivi écologique pour apporter des informations pour la planification de la conservation dans la zone d’intervention du projet, et plus largement, dans les Comores. Voir la section recherche et suivi écologique pour plus de détails.